Une poulet tandoori pour un python
Bien que peu téméraires, nous étions en Australie et voulions voir du pays ! Du vrai, du pur, du sauvage. Vivre widlife !
Concentrée sur le guide Lonely Planet, je décelais un petit havre de paix en plein cœur de la Rain Forest. C’était décidé, nous dormirons dans ces cabanes de bois perchées au beau milieu de la jungle.
Arrivés au bout d’une route de terre, nous passâmes un coup de téléphone au titulaire de cet hôtel entièrement écologique. Un 4×4 devait venir nous chercher pour nous conduire là-haut, sur cette montagne tropicale.
A peine ayant eu le temps de raccrocher que nous étions attaqués par une armada de moustiques assoiffés de sang français. Tant pis, nous irons dormir dans la jungle sous une apparence de gros bouton rouge, qu’est-ce que cela pouvait bien faire de toute façon ?
Le 4×4 n’était pas qu’un simple effet de style. Il grimpait des côtes abruptes et boueuses, redescendait des pentes ardues et nous nous cramponnions au camion pour éviter de glisser, comme nos sacs que l’on voyait voltiger à la moindre secousse.
Le 4×4 s’arrêta soudainement au milieu de la jungle. Des lianes pendaient de-ci, de-là, des araignées jouaient avec leurs fils de soie, des plantes luxuriantes arboraient de curieuses fleurs, et le ciel était devenu menaçant.
« C’est ici votre chambre »
Mais où ? Nous étions au beau milieu de la jungle sans la moindre trace d’habitation.
Puis peu à peu, nous discernions une hutte derrières ces immenses arbres. C’était là que nous dormirons, dans cette cabane perchée dans la jungle australienne. Le guide n’avait pas menti, c’était du 100% naturel !
Vint alors l’effet « Waouh », et l’inspection générale de la piaule, pour y choper le moindre insecte hargneux ou pas, avant d’y dormir cette nuit.
Rien. Tout était donc parfait.
Nous avions une vue imprenable sur cette nature luxuriante, la douche paraissait pendue au-dessus de cette impressionnante verdure, et le balconnet en bois surplombait la sombre profondeur de la Rain forest.
Nous jouissions d’un panorama exceptionnel quand la faim commença à nous chatouiller. Nous chaussâmes nos baskets et partîmes en route vers le restaurant qui était non loin de là, 200 mètres au bout du sentier.
Pendant que nous marchions nous parlions très fort, se racontant des futilités au beau milieu de cette nature hostile. Nous avions pris cette habitude depuis qu’une amie nous avait prévenu de toujours faire du bruit pour faire peur aux serpents.
Alors que nous parlementions de la pluie et du beau temps, je pensais en mon fort intérieur au comportement à avoir, en cas de face à face avec un cassowary, l’oiseau le plus dangereux au monde, qui peuple cette région :
Se tenir face, reculer doucement, ne pas montrer sa peur et se réfugier derrière un arbre. Se tenir face, reculer doucement, ne pas… Nous arrivâmes au restaurant. Sains et saufs.
La carte était alléchante, entièrement biologique et locale. Nous options pour un sublime poulet tandoori avec vue sur la Rain Forest, et la mer en toile de fond.
Des chauves-souris volaient au-dessus de nos têtes, des curieux bruits se faisaient entendre et nous nous délections de ce repas merveilleux au sein de la nature, la vraie.
Soudain, le tenancier de l’hôtel nous héla. : « Venez voir c’est incroyable !»
Nous interrompions notre repas et nous hâtions pour voir l’événement. Un python avait chuté d’un immense arbre, emportant avec lui une chauve-souris pour en faire son dîner.
Tout le monde restait figés et scrutait la bête au sang froid, qui étouffait avec lenteur la chauve-souris. On entendait derrière nos souffles, les râles aigus de la proie et les craquements de ses os alors que le serpent l’enroulait de toute sa longueur.
C’était en effet incroyable.
Incroyablement répugnant. Incroyablement effrayant !
Nous regagnâmes notre table et pensâmes : « Et dire que des pythons étaient là, juste au-dessus de nos assiettes de poulet tandoori ! »






et pas de photos ? Haaaan !
Bien flippant, en tout cas… Brrr le bruit des os !
il faisait trop nuit et j’étais bien trop focalisée sur la bête pour aller chercher mon appareil tu parles ! mais je peux te dire qu’il était très gros et visqueux !
Ça donne faim cette histoire! Sinon, je viens de regarder à quoi ressemblait ce cassowary tant craint… Cette espèce de dinde géante avec un rocher posé sur la tête et des pieds démesurés a un physique à mal supporté les moqueries.
@ungroache : Mais je suis sure que les cassowaries ne font qu’une seule bouchée des gros chats à pattes douces.