L’araignée à grosses pattes
Il fallait s’y attendre. Un jour où l’autre nous allions nous retrouver face à face avec une araignée pour un combat sans merci. Ce jour-là arrivât, et nous perdîmes.
Nous étions logés chez des amis à Brisbane. Chez des nouveaux amis plus précisément, à l’allure un peu hippie. La chevelure semi crêtée et le dos tatoué, ces bonnes âmes nous offraient l’hospitalité dans leur maison colorée.
Dans le jardin était monté un tipi avec du lino, des chaises récupérées de-ci de-là parsemaient la pelouse ébouriffée, et des bières s’échouaient sur le sol dans la pièce où nous dormions.
C’est en installant notre matelas de fortune à même le sol, que le monstre velu fit son apparition sans crier gare.
L’araignée fière de ces huit grosses pattes, nous faisait dignement face. Il n’a pas fallut attendre longtemps pour comprendre que le duel était lancé et que notre nuit, dans cette antre devenue sauvage, en dépendait désormais.
C’était elle ou nous.
Mais à peine ayant eu le temps d’attraper une tongue dans la main, que cette saleté poilue s’était recroquevillée dans un coin privilégié. Impossible pour nous de l’abattre en un seul coup. Il nous fallut être plus stratèges et trouver une arme adéquat : rigide et assez longue pour éviter de trop s’approcher, sait-on jamais, elle pourrait nous sauter dessus et nous croquer un œil.
Après de longues minutes d’enquête, comme pour prolonger le moment avant d’entrer en guerre avec l’araignée, nous trouvions l’arme fatale : un skateboard dépourvu de roues.
Parfait. Notre ennemi allait mourir, c’était maintenant certain.
Grinçant des dents et l’arme au poing, nous nous approchâmes doucement et surement. Mais en définitive trop doucement et trop surement. Car à peine nous voyait elle arriver, que l’araignée vrombissait de toute part pour nous effrayer. Et sa tactique marchait à merveille car à chacun de ses furtifs déplacements, nous poussions des cris de terreurs en nous tenant par le bras.
Deux heures plus tard, j’étais épuisée et je supportais mal de devoir fixer cette bête multi-pattes. Quant à mon co-équipier, il commençait à en avoir assez d’être cramponné à un skateboard sans roue.
Mais soudain, l’insecte rebutant se déplaça à une vitesse incroyable, et s’immobilisa à un endroit qui nous semblât parfait pour l’aplatir avec nos grosses chaussures en cuir. Malheureusement pour nous, au lieu de lui sauter dessus à pieds joints, nous nous immobilisâmes aussi, comme pétrifiés par une bête assoiffée de sang français.
Remarquant notre désarroi, notre ennemi en profita pour filer se cacher on ne sait où. Mais toujours dans notre « chambre » !
On ne voyait plus l’araignée, mais nous l’imaginions aisément nous regardant de sa maudite cachette, en train de rigoler diaboliquement et songer à nous croquer quand nous dormirons.
Non, non et non, nous décidions qu’il en serait autrement !
En quelques secondes seulement, nous rangions alors nos habits dans nos sacs, et partîmes en catastrophe dans la voiture, mettant cap sur un hôtel aseptisé par un air conditionné qui sent la javel.
En roulant à vive allure, nous pensions honteusement à l’araignée qui devait se frotter les pattes, satisfaite de sa victoire.
Au diable ! Ce trouble-fête velu avait peut-être gagné la bataille, mais nous étions heureux de ne pas devoir mourir ce soir, mordu par une araignée prétentieuse sur un matelas sentant un encens vieilli et quelque peu poussiéreux.






Mon conseil : briquet et aérosol. Bon c’est radical et vous auriez sans doute foutu le feu au tipi, mais c’est efficace. Y’a que le feu pour détruire ces horreurs velues !
Et bah bravo les jeunes ! D’autant plus que, sûrement dans un élan de soutien qui s’éternise et se prolonge, L’affreux JoJo passe désormais le plus clair de son temps à traquer des araignées. Sur la toile.
@ mC-C : on y a pensé figure toi, puis on s’est dit que non.
@ coeur de loou : Fichtre !
et ben voilà, je te l’avais dit…
c’est plein de bêtes vicieuses, et quoi de plus perfide que la bête à gros yeux… hiiii. J’aurai tenu une bonne demi minute avant de sauter dans la voiture !!! muak
Emportez du decap four la prochaine fois : effet radical sur toutes les bébêtes du genre !
@ mag : tu avais raison !! Des bises sans araignée velue
@ co : ahhhh merci de l’astuce, j’espère que je Vais en trouver ici !
Il nous est arrivé exactement la même chose en Namibie. J’ai d’abord voulu dormir dans la voiture puis j’ai demandé à changer de chambre … #fail